C’est Kant le Bonheur?

Publié le par Cristalange

Article faisant suite à une conversation de train avec un Prince Charmant en direction des Pistes...

 

Le bonheur, y’a pas photo, ça doit être tout de suite et maintenant ! Sauf que nous nous en donnons pas forcement les moyens… il est bien plus simple de courir après et de « râler » parce qu’on le trouve pas ! Mais sait on seulement ce que l’on cherche ?

 Photo prise au Vietnam

Qu’est ce que le Bonheur, celui que tout le monde cherche et que seuls quelques "élus" trouvent ?


Le PC (non... pas Personal Computer mais Prince Charmant) a répondu à cette question en se disant lui-même heureux et privilégié (y aurait il un lien ici ? une interdépendance ? une relation de cause à effet ?). Pour lui le bonheur, c’est de ne pas avoir de contraintes. Chercher une lettre à la Poste ou faire ses courses sont des « actions » qui pour lui sont des contraintes (ceci dit elles n’entachent pas son bonheur… du moins si j’ai bien compris).
Faire ses courses est effectivement une contrainte, mais un bon repas après... c'est que du bonheur ! Donc il s’agirait de transformer toutes les contraintes de la vie en « non-contraintes », en jeux, en occasions ludiques… car la vie même n’est elle pas "contrainte" ? Toutes ces choses qui pour moi sont des contraintes alors que pour vous elles ne le sont pas, et vice versa ? Notre environnement nous impose des contraintes mais parfois ces contraintes même nous conduisent au bonheur. Pour moi être dans ce train pour aller au ski était une journée de perdue, une contrainte… mais cette journée était nécessaire pour se rendre sur un lieu ou je devais vivre une semaine de « bonheur » (quoique les chutes à répétition, le froid, le brouillard… est ce vraiment du bonheur ?)(mais il est vrai que quand j’ai réussi à descendre les pistes sur mes 2 jambes sur des pistes merveilleusement ensoleillées, ça c’était du bonheur !)… du donnant-donnant…

D’après le PC des Trains, une autre façon d’atteindre le bonheur est de savoir ce que l’on veut (et ce que l’on ne veut pas)… pas si simple mais si vrai.

 

Et les autres qu’en disent ils ?


> PC, Félicien Marceau :

 "Le bonheur, c’est savoir ce que l’on veut et le vouloir passionnément"


> P. Eluard

 "Il ne faut pas de tout pour faire un monde : il faut du bonheur et rien d’autre"


> Bossuet contredit par PC

"Le bonheur humain est composé de tant de pièces qu’il en manque toujours"


> RW Emerson

 "Le bonheur est un parfum que l’on ne peut répandre sur autrui sans en faire rejaillir quelques gouttes sur soi-même"


> N. Hawthorne

"Le bonheur est un papillon qui, poursuivi, ne se laisse jamais attraper, mais qui, si vous savez vous asseoir sans bouger, sur votre épaule viendra peut-être un jour se poser. "


> Sagesse populaire
"Il n'y a pas de chemin vers le bonheur : le bonheur est le chemin"

> "Le bonheur est dans le pré" (tiens… retour à la nature ;-)

 

 

En 1972, le roi du Bhoutan a tenté d'imposer la notion du "bonheur national brut", par opposition au plus restrictif "produit national brut" qui ne considère que la richesse matérielle d'un pays.

 

Statistiques du Bonheur :

Des chercheurs de l'université de Rotterdam ont établi un "classement mondial du bonheur", pour la période 1995-2005 à partir de 953 indicateurs. Les trois pays les mieux classés sont : le Danemark, la Suisse, et l'Autriche. Les Français arrivent en 39e position de ce classement.

Le psychologue britannique Adrian White, de l'université de Leicester, a établi en 2007 une "carte mondiale du bonheur" basée sur cinq critères : santé, richesse, éducation, identité nationale, beauté des paysages. En 2008, c'est le Danemark (encore !) qui arrive en tête du classement. Selon le quotidien français Libération, la France, malgré d'excellents résultats dans toutes les catégories,  ne se classe qu'en 62e position.

 

Que dit le Grand Larousse à ce propos ?

Etat de complète satisfaction intérieure, Circonstances favorables, succès réussite, Joie, Plaisir, béatitude, félicité, plaisir, prospérité, chance, heur, veine…

 

Et Wikipédia ?

Le bonheur (étymologiquement la bonne fortune -  "fortune"= ce qui arrive de bien ou de mal ) est un état durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l'esprit et du corps, d'où la souffrance, l'inquiétude et le trouble sont absents.

 

Quant aux philosophes….
La tradition philosophique occidentale oppose les optimistes, pour qui le bonheur comme "état de satisfaction totale" est possible (Spinoza, Montaigne, Diderot), voire facile (Epicure) et les pessimistes pour qui il est difficile (Rousseau), voire impossible (Pascal, Schopenhauer, Freud). D'autres comme Kant condamnent la recherche du bonheur (comme s'opposant à la morale) ou comme Nietzsche la critiquent comme une fuite devant le tragique de la réalité, lui préférant l'expérience de la joie. Si vous voulez plus de détails sur ce qu’ils en pensent, je vous laisse vous connecter à Wikipédia ou en lire le résumé à la fin de ce post.

 

Voilà pour aujourd'hui… et qui sait... j’aurais peut être l’occasion de vous en reparler… ou de réagir à vos commentaires… ou de vous parler de mes prochains bonheurs ou expéditions en train !

 

Hein ? le Prince Charmant ? Vous voulez en savoir plus… comment dire… le PC est un illustre inconnu. S’il était connu, ce ne serait plus un PC, c’est bien connu ! Mais je tiens tout de même ici à le saluer s’il a  l’occasion de venir se promener ici et de le remercier pour sa charmante compagnie. J’en profite également avec quelques jours de retard pour lui souhaiter un excellent Anniversaire ! Que tous mes vœux de bonheur l’accompagnent !

 

Cristalange

 

Les détails pour ceux qui veulent tout savoir (ou presque) mais qui n’ont pas le courage d’aller chez Wikipédia

 

Epicure (3eme s. av JC)

Le bonheur est le plaisir en repos de l'âme (sérénité) qui naît spontanément de la satisfaction des besoins naturels et nécessaires, dont les deux plus importants sont, outre la sécurité et la santé, la sagesse et l'amitié. "Il est impossible d'être heureux sans être sage".

 

Blaise Pascal (1630-1692)

"Tous les hommes recherchent d'être heureux.(...) C'est le motif de toutes les actions de tous les hommes. Et cependant, depuis un si grand nombre d'années, jamais personne, sans la foi, n'est arrivé à ce point où tous visent continuellement"

 

Baruch Spinoza (1632-1677)

Explication le chemin pour se libérer de la souffrance due aux passions et à vivre dans le bonheur par plus de sagesse. "Le bonheur consiste à bien agir et être dans la joie"

 

Emmanuel Kant (1724-1804)

« Le devoir est la nécessité d'accomplir l'action par pur respect de la loi ».

Selon Kant, le bonheur s'oppose catégoriquement au devoir. Il considère en effet que le devoir ne peut plus être considéré comme moral dès qu'on l'accomplit dans le but d'obtenir une certaine félicité, d'être heureux, d'atteindre le bonheur. Tout devoir intéressé n'en est donc plus un, ce qui désunie irrémédiablement le devoir moral du bonheur. Faire le bonheur des autres ne constitue donc pas une action morale dans la philosophie kantienne si son objectif est d'en obtenir un quelconque bonheur. Kant fait la critique de la doctrine eudémoniste qui place dans le bonheur la fin ultime de la vie humaine dans la mesure où il considère que le rôle de la morale n'est pas d'enseigner aux hommes comment atteindre le bonheur, mais comment s'en rendre dignes. Kant propose une définition du bonheur qui ne prend pas en compte le devoir « Le bonheur est l'état dans le monde d'un être raisonnable, à qui, dans tout le cours de son existence, tout arrive suivant son souhait et sa volonté ».

Kant, au départ, associait bonheur et devoir : « Assurer son propre bonheur est un devoir, car le fait de ne pas être content de son état pourrait devenir une tentation d’enfreindre ses devoirs. » Trois ans plus tard (1788), il change d’avis : bonheur et devoir n’ont plus rien à voir.

« Le bonheur est l’état dans le monde d’un être raisonnable, pour qui, dans toute son existence, tout va selon son désir et sa volonté, et il repose par conséquent sur l’accord de la nature avec le but tout entier poursuivi par cet être, de même qu’avec le principe déterminant essentiel de sa volonté. Or la loi morale, comme loi de la liberté, ordonne par des principes déterminants qui doivent être tout à fait indépendants de la nature et de l’accord de celle-ci avec notre faculté de désirer (comme mobiles) ; d’un autre coté, l’être raisonnable qui agit dans le monde n’est assurément pas en même temps cause du monde et de la nature elle-même. Donc, dans la loi morale, il n’y a pas le moindre principe pour une connexion nécessaire entre la moralité et le bonheur proportionné d’un être qui, faisant partie du monde, en dépend, et qui justement pour cela ne peut, par sa volonté, être cause de cette nature et, pour ce qui est de son bonheur, la mettre par ses propres forces complètement d’accord avec ses principes pratiques. «

 

Friedrich Nietzsche (1844-1900)

« Pour le plus petit comme pour le plus grand bonheur, il y a toujours une chose qui le crée : le pouvoir d'oublier, ou, pour m'exprimer en savant, la faculté de sentir, pendant que dure le bonheur, d'une façon non-historique. Celui qui ne sait pas se reposer sur le seuil du moment pour oublier tout le passé, celui qui ne se dresse point, comme un génie de victoire, sans vertige et sans crainte, ne saura jamais ce que c'est que le bonheur, et, ce qui est pire encore, il ne fera jamais rien qui puisse rendre heureux les autres. Imaginez l'exemple extrême : un homme qui ne posséderait pas du tout la faculté d'oublier, qui serait condamné à voir en toutes choses le devenir. Un tel homme ne croirait plus à sa propre essence, ne croirait plus en lui-même; tout s'écoulerait pour lui en points mouvants pour se perdre dans cette mer du devenir; en véritable élève d'Héraclite il finirait par ne plus oser lever un doigt. Toute action exige l'oubli, comme tout organisme a besoin, non seulement de lumière, mais encore d'obscurité. Un homme qui voudrait sentir d'une façon tout à fait historique ressemblerait à celui qui serait forcé de se priver de sommeil, ou bien à l'animal qui devrait continuer à vivre en ne faisant que ruminer, et ruminer toujours à nouveau. Donc il est possible de vivre sans se souvenir, de vivre même heureux, à l'exemple de la bête, mais il est absolument impossible de vivre sans oublier. Ou bien, pour m'expliquer sur ce sujet d'une façon plus simple encore, il y a un degré d'insomnie, de rumination, de sens historique qui nuit à l'être vivant et finit par l'anéantir, qu'il s'agisse d'un homme, d'un peuple ou d'une civilisation. »

Publié dans Pensée(s) du jour